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Vers blancs : Ce qu’il faut savoir

Ici, dans ce véritable guide du ver blanc, vous apprendrez tout : ce qu’il faut savoir; ce qu’il faut faire; ce qu’il ne faut pas faire.

Selon Radio-Canada, c'est une véritable épidémie qui a pris d'assaut Sherbrooke :

Les vers blancs se nourrissent de la racine de l’herbe. Et en ce moment, ils sont un véritable « buffet » pour les animaux qui « revirent la pelouse à l’envers », explique Jean Grégoire, des Serres St-Élie.

À Sherbrooke, autant que dans les régions comme Drummondville ou Montréal, les mouffettes et les ratons laveurs en raffolent.

Ici, dans ce véritable guide du ver blanc, vous apprendrez à :

  • Connaître les espèces de vers blancs au Québec
  • Reconnaître les dégâts que peuvent causer les vers blancs
  • Savoir identifier la sorte de larves
  • Résister à la tentation de traiter en mai
  • Réparer la pelouse avant de la traiter
  • Enlever 6 pouces de terre : une fausse bonne idée
  • Contrôler les vers blancs avec des produits
  • Relativiser l’efficacité des nématodes
  • Prévenir les invasions de vers blancs

Connaître les espèces de vers blancs au Québec

Comme le rappelle la Fédération interdisciplinaire de l'horticulture ornementale du Québec (FIHOQ) dans ce PDF que nous vous invitons à découvrir :

  • Les vers blancs sont des larves d’insectes appartenant à la famille des scarabées.
  • Leur taille peut varier de 5 mm à 2 cm selon leur espèce et leur stade de développement.
  • On en retrouve trois principales espèces au Québec :
    • le hanneton commun;
    • le scarabée japonais;
    • le hanneton européen, qui cause chaque année les dommages les plus importants dans le sud de la province.

Au Québec, le hanneton commun et le hanneton européen sont souvent appelés « barbeau ». Visitez notre centre de diagnostic pour apprendre à connaître le hanneton européen. Vous y découvrirez, entre autres, son cycle de vie :

  • La majorité des hannetons européens complètent leur cycle de vie en un an, bien que certains le compléteront en deux ans.
  • Fin juin ou début juillet, quand les catalpas sont en fleurs, les hannetons adultes émergent du sol. À la tombée du jour, ils volent dans les arbres les plus hauts.
  • La vie des adultes ne dure que 2 semaines. Pendant cette période, ils s’accouplent et chaque femelle pond de 25 à 50 œufs sur le gazon.
  • Environ 2 semaines après la ponte, les oeufs éclosent.
  • Les jeunes larves, qui se développent donc à partir de la mi-juillet et atteignent leur maturité au printemps de l’année suivante, passent par trois stades larvaires :
    • elles se développent;
    • puis a lieu la pupaison (stade entre le ver et le barbeau);
    • et le cycle recommence avec la sortie des adultes au mois de juin suivant.

Ces étapes sont visibles sur ce graphique (fourni par la Ville de Saint-Bruno-de-Montarville).


Reconnaître les dégâts que peuvent causer les vers blancs

Au Québec, dans certaines zones, on peut retrouver de grandes populations de hannetons (ou de scarabées). Plus les hannetons sont nombreux, plus la pelouse peut être endommagée; les mouffettes viennent retourner le gazon pour manger les vers blancs (qui, eux, en mangent les racines).

Le gazon jauni, en mauvais état, et les mottes de terre retournées, comme sur la photo ci-dessous, sont caractéristiques d’une invasion de vers blancs.

Selon Guillaume Grégoire, analyste technique et scientifique à la FIHOQ, le gazon attaqué :

  • se trouve coupé de toute nourriture et dépourvu d’ancrage;
  • jaunit comme s’il souffrait de sécheresse;
  • se détache du sol au point de pouvoir être soulevé par plaques, comme du tapis.

 


Savoir identifier la sorte de larves

Le type de traitement ainsi que le moment opportun pour l’effectuer seront grandement influencés par la sorte de larves : le moment où l’insecte pond dépend de son espèce. Il est donc important de bien identifier le type de larves présentes dans votre gazon avant d’entamer un traitement.

Sur la photo ci-dessous, par exemple, vous pouvez observer un hanneton européen.

Nous vous invitons à suivre ce lien et à visionner la vidéo de Joël Duplessis. Il vous montre comment bien vérifier si votre pelouse est infestée de vers blancs :

  1. en découpant un pied carré de gazon;
  2. en estimant le nombre de larves au pied carré.

Ensuite, si vous avez plus de 5 vers au pied carré :


Résister à la tentation de traiter en mai

Une fois l’insecte qui saccage votre gazon identifié, il est temps de déterminer quel type de traitement est nécessaire (ainsi que le moment où il faudra traiter). À ce propos, les avis divergent.

Samuel Leblanc, dans La Voix de l’Est, affirme qu’il importe de mentionner que le traitement naturel peut se faire au printemps, mais que les résultats peuvent varier, principalement à cause de la température du sol qui est parfois trop froide pour que celui-ci soit efficace.

Chez HERBU :

  • Nous ne traitons pas les larves présentes en mai, parce qu’aucun produit disponible au Canada ne peut traiter les larves présentes dans le sol à ce moment.
  • Nous vous invitons à réparer (ou à faire réparer) votre gazon après avoir identifié la sorte de vers blancs qui endommagent votre pelouse et après que les larves sont descendues dans le sol pour devenir une pupe.
  • Nous commençons un traitement quelque part entre la fin juin et la fin juillet, en fonction du type d’insectes et de l’endroit où vous vivez.

Réparer la pelouse avant de la traiter

Nous vous suggérons de réparer votre pelouse avant de la traiter avec un produit de synthèse (qui agit de façon systémique).

Un tel produit de synthèse est absorbé par les brins de gazon et circule dans sa sève. Ainsi, si l’on appliquait le produit sur l’ensemble de votre pelouse et que vous enleviez ensuite le gazon affecté, vous enlèveriez une grande partie du traitement et son efficacité diminuerait.

Il faut donc réparer la pelouse d’abord, et appliquer le produit ensuite.

Pour l’application de gazon en plaques ou le réensemencement, on attend la fin du mois de mai ou au début du mois de juin, alors que la larve est très profondément ancrée dans le sol (en pupe) : à ce moment, la mouffette ne vient plus manger les vers (et vos réparations ne sont alors pas saccagées).

L’OMAFRA offre d’excellents conseils sur la manière de réparer votre gazon :

  • Râteler les zones endommagées de manière à enlever le gazon mort.
  • Semer à la volée et uniformément des graines à gazon de bonne qualité.
  • Passer un râteau pour faire en sorte que la semence soit bien en contact avec le sol.
  • épandre de la terre végétale ou du compost sur la zone fraîchement ensemencée.

Cliquez ici pour obtenir la suite des conseils de l’OMAFRA.


Enlever 6 pouces de terre : une fausse bonne idée

Nous parlions, dans la section précédente, de réparations de la pelouse affectée. Avant de parler, dans la section suivante, de traitement contre les vers blancs, il nous semble pertinent de vous rappeler que si vous avez un bon sol, il est inutile de l’enlever et de recommencer à zéro.

L’on entend parfois dire qu’il est nécessaire d’enlever 6 pouces de terre afin de régler le problème des vers blancs. Malgré ce que certains racontent, il est déconseillé de procéder ainsi :

  1. Ce serait une dépense inutile. Attendez simplement le moment propice : les vers blancs s’en vont d’eux-mêmes (après la pupaison).
  2. La nouvelle génération de barbeaux peut encore venir pondre sur votre terrain... même si vous avez enlevé 6 pouces de terre avant leur arrivée!
  3. Enlever la terre (et donc, la déplacer) risque plutôt d’encourager la propagation des vers blancs dans d’autres régions.

Contrôler les vers blancs avec des produits

Chez HERBU, nous visons à satisfaire nos clients en obtenant des résultats tangibles. Comme le soutenait François Labbé, le mois passé, dans La Tribune :

C'est aux spécialistes de déterminer quel produit sera le plus efficace dans chaque situation, et le choix de celui-ci déterminera à quel moment l'appliquer.

Dans ces conditions, après un diagnostic de votre environnement, votre spécialiste HERBU choisira de traiter avec l’Acelepryn ou le Merit.

Ces produits travaillent sur les deux premiers stades larvaires :

  • Il faut que le produit soit mis au sol au moment de l’éclosion des œufs (ou avant l’éclosion), de façon à être présent dans le sol au premier stade larvaire.
  • Le taux d’efficacité baisse dès l’arrivée au deuxième stade larvaire.

Certains choisissent de traiter avec des nématodes, ces petits vers de quelques millimètres de longueur qui s’attaquent aux vers blancs. Chez HERBU, nous ne traitons pas avec les nématodes; cependant, nous en discutons dans la section suivante.

En ce qui concerne les produits de synthèse, le moment du traitement varie en fonction :

  • de la région;
  • de la température;
  • du moment où le printemps commence;
  • des degrés-jour de croissance;
  • et du traitement choisi (car le moment d’application pour l’Acelepryn peut différer de celui du Merit).

Par exemple, dans la grande région de Montréal, la ponte du hanneton européen coïncide habituellement avec la Saint-Jean-Baptiste. Le moment idéal pour l'application avec le produit Merit se situe donc généralement entre le 20 juin et le 24 juillet. Avec des scarabées japonais, le traitement sera décalé d’une semaine ou deux, car l’insecte commence à pondre une à deux semaines plus tard et pond plus longtemps (que le hanneton européen).

À titre informatif, voici ce que dit la FIHOQ à propos de l’utilisation des insecticides :

  • Le Code de gestion des pesticides permet l’utilisation d’insecticides de synthèse.
  • Certains sont réservés à l’usage des entreprises offrant des services d’entretien de pelouse, d’autres sont disponibles en vente libre.
  • Attention, certains règlements municipaux interdisent l’utilisation de ces produits.

Bien qu’une « version résidentielle du Merit » existe, nous vous recommandons de laisser un spécialiste en entretien de pelouse traiter « vos » vers blancs. Voici pourquoi :

  1. C’est un produit qui n’est pas si facile que cela à épandre (car c’est une granule extrêmement fine);
  2. Engager un expert qui utilisera un produit de qualité, pourra juger du bon dosage et appliquera le produit de façon optimale, donnera souvent de meilleurs résultats et pourrait s’avérer plus économique que d’acheter un produit du commerce et de le faire soi-même.

Finalement, pour de plus amples informations à propos de la toxicité relative des principaux ingrédients actifs contenus dans les pesticides d’usage domestique, nous vous invitons à consulter ce document (PDF) rédigé par le MDDELCC (Ministère du Développement durable, Environnement et Lutte contre les changements climatiques).


Relativiser l’efficacité des nématodes

Le 20 mai, Jean-Pierre Parent, du Jardin botanique, affirmait dans La Presse :

Le ver blanc est toutefois plus dur à traiter de façon biologique; des nématodes peuvent parasiter les larves de ver blanc, mais ils doivent être introduits quelques semaines après la ponte, soit vers le début du mois d'août, jusqu'à la fin de septembre.

Chez HERBU, si les nématodes nous donnaient un taux de contrôle entre 75 et 85 %, nous les utiliserions. Or, actuellement, ce n’est pas le cas, comme l’expliquait Claude Gélinas, dans La Presse, en 2006 :

Lors des recherches récentes menées en laboratoire à Saint-Jean-sur-Richelieu, au Québec, et en Colombie-Britannique, on a constaté que le taux de succès des nématodes atteignait de 40 à 50 %, dans des conditions optimales, c'est-à-dire en milieu sablonneux, là où l'eau servant de véhicule aux parasites circule très bien. Dans un sol lourd, les résultats ne dépassent pas 10 %, souvent beaucoup moins, justement parce que la circulation de l'eau est très limitée en milieu argileux.

L’agronome poursuivait ainsi :

Le hic, c'est que dans la grande région métropolitaine, notamment sur la Rive-Sud, les terrains sont habituellement argileux. Autre problème : les tests qui ont mené à ces résultats ont été réalisés en laboratoire. Dans la nature, sur le terrain comme on dit, les contraintes sont toujours plus grandes et le taux de succès baisse habituellement d'autant.

Mais un succès de 30 ou 40% , c'est mieux que rien, direz-vous. Sauf que cet objectif est rarement atteint par ceux qui utilisent les nématodes, car ils ne savent généralement pas comment s'en servir. Et la plupart du temps, il faut bien l'admettre, ceux qui vous les vendent l'ignorent aussi. Je ne comprends toujours pas pourquoi pépiniéristes et jardineries offrent encore des nématodes au mois de mai alors que les traitements sont inutiles à cette période de l'année. Il s'agit d'un cas d'ignorance crasse ou pire encore, de fausse représentation.

Les plus scientifiques apprécieront les recherches de Louis Simard (en anglais).


Prévenir les invasions de vers blancs

Ainsi, une fois votre pelouse réparée et traitée (avec ou sans nématodes), nous vous encourageons à adopter de bonnes pratiques d’entretien du gazon, car une pelouse en santé peut « résister » à une présence modérée de vers blancs :

  • Aérez votre pelouse, si nécessaire.
  • Arrosez-la suffisamment, et en profondeur, pour une croissance optimale.
  • Déchaumez la terre, si le chaume est en excès.
  • Fertilisez-la convenablement.
  • Utilisez des variétés de semences avec « endophytes », un répulsif pour les larves.

Plus spécifiquement, pour « éviter » les hannetons ou les scarabées :

  • Augmentez la hauteur de coupe : les adultes sont des insectes nocturnes maladroits et préfèrent un gazon ras pour pondre. (Un gazon à 6 ou 8 cm (2,5 à 3 pouces) aidera donc à diminuer la ponte.)
  • Limitez l’éclairage nocturne lors de la ponte : environ du 25 juin au 25 juillet.
  • Plantez des géraniums ou des pieds-d’alouette : ils éloignent les hannetons.
  • Surveillez les températures : le vol des adultes est nul en bas de 11 degrés, et réduit en bas de 19 degrés ou quand il pleut.

HERBU